...dans la santé et dans la maladie, dans la prospérité et dans la détresse
...en la salud y en la enfermedad, en la riqueza y en la pobreza
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Voici mon père, José Caro, quand il avait 11 ans. Il était joueur dans un petit club de baseball dans son village: Florida, plus de 500 kilomètres à l'est de La Havane. Mon grand père était le manager de l'équipe. C'est pourquoi mon père ne jouait guère.
En août 1959, peu après le triomphe de la Révolution, il voyagea aux Etats-Unis. Son équipe avait emporté la ligue cubaine de baseball pour les enfants: les «Cubanitos». Ce voyage était la récompense.
Quand mes amis marseillais sont venus chez moi cette année, il leur a montré les photos de son voyage aux Etats-Unis. Il était fier. Ils ont tout compris, même si mon père ne parle ni français ni anglais. Son charme fut suffisant.
Mon père n'a pas suivi sa carrière comme sportif. Par contre, il est devenu militaire. Il a été un bon soldat et notamment un bon professeur. Parfois quelqu'un le rencontre dans la rue et lui dit: «Caro, je fus votre élève !» Il est fier aussi de son parcours à l'armée.
Moi, je suis nul en baseball, quoique ce soit la plus grande passion de mes compatriotes. Mon père ne m'a pas appris à jouer. En tout cas, je préfère les angoisses certaines du journalisme que le hasard du sport.
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Este es mi padre, José Caro, cuando tenía 11 años. Era jugador de un pequeño club de béisbol en su pueblo: Florida, más de 500 kilómetros al este de La Habana. Mi abuelo era el manager del equipo. Por eso mi padre apenas jugaba.
En agosto de 1959, poco después del triunfo de la Revolución, viajó a los Estados Unidos. Su equipo había ganado la liga infantil cubana: los "Cubanitos". Ese viaje era el premio.
Cuando mis amigos marselleses vinieron a mi casa este año, él les mostró las fotos de su estancia en Estados Unidos. Estaba orgulloso. Ellos lo comprendieron todo, aunque mi padre no hable francés ni inglés. Su encanto fue suficiente.
Mi padre no siguió su carrera deportiva. Por el contrario, se hizo militar. Fue un buen soldado y, sobre todo, un buen profesor. A veces alguien lo encuentra en la calle y le dice: ¡Caro, yo fui su alumno! Él está orgulloso también de su paso por el ejército.
Yo soy pésimo en béisbol, aunque esta sea la más grande pasión de mis compatriotas. Mi padre no me enseñó a jugar. En cualquier caso, prefiero las angustiosas certezas del periodismo al azar del deporte.
La chimie nous réunit il y a presque 15 années, dans un lycée renommé de la banlieue havanaise: «Le Lénine». Nous songeâmes à devenir de grands chercheurs. Nous allions découvrir le vaccin qui sauverait l'humanité. Nous étions fort optimistes et un peu naïfs.
Je me souviens des discussions infinies sur l'existence du Vide, toute la nuit, jusqu'à n'importe quelle heure. On parlait moins de politique: les illusions restaient encore indemnes.
Le mercredi, c'était le black-out et nous, les garçons, suivions le cours de danse (casino) dans le dortoir avec des amis. Qui ne sait pas danser dans un lycée cubain meurt d'ennui (et ne trouve pas de copine).
Nous chargions de l'eau chaque soir pour nous baigner, puis nous avalions n'importe quoi en guise de dîner (parfois, vraiment, n'importe quoi) et rentrions en classe pour étudier comme des fous.
Nous faisions les devoirs et l'amour, nous réussissions les examens et tombions amoureux. Parfois maigres, toujours heureux.
Dimanche dernier, nous nous retrouvâmes chez Semidey. Nous avions trop de choses à nous dire et trop peu de temps. Nous sautâmes d'un sujet à l'autre: les souvenirs, les vieilles blagues, le présent, l'avenir…
Le temps passe, les rêves changent ou meurent, les chemins s'éloignent, le silence nous rend distants. Néanmoins, quand quelqu'un dit: «Le Lénine», les paroles reviennent, l'angoisse disparaît, le bonheur ne semble plus illusoire, la chimie revit.
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La química nos unió hace casi 15 años, en un preuniversitario célebre de las afueras de La Habana: "La Lenin". Soñábamos con convertirnos en grandes investigadores. Descubriríamos la vacuna que salvaría a la humanidad. Éramos muy optimistas y un poco inocentes.
Recuerdo discusiones interminables sobre la existencia del Vacío, toda la madrugada, no importaba la hora. Hablábamos menos de política: las ilusiones aún permanecían intactas.
El miércoles era el apagón y los varones aprovechábamos para aprender a bailar casino en el albergue, con los amigos. No saber bailar en un preuniversitario cubano es condenarse al aburrimiento y reducir casi a cero las posibilidades de encontrar novia.
Cargábamos agua cada tarde para bañarnos, después comíamos cualquier cosa (a veces, literalmente, cualquier cosa) y regresábamos a las aulas para estudiar como locos.
Hacíamos las tareas y el amor, aprobábamos los exámenes y nos enamorábamos. A veces escuálidos, siempre felices.
El domingo pasado nos reencontramos en la nueva casa de Semidey. Teníamos demasiadas cosas por decir y muy poco tiempo. Saltamos de un tema al otro: los recuerdos, las viejas bromas, el presente, el futuro…
El tiempo pasa, los sueños cambian o mueren, los caminos nos alejan, el silencio nos distancia. Sin embargo, cuando alguien dice: "La Lenin", las palabras vuelven, la angustia desaparece, la felicidad deja de ser ilusoria, la química renace.
La belle époque I / Nuestros años felices I
Pour les amoureux, parfois il ne faut que rêver s'ils veulent atteindre le bonheur.
Un jour, il y a quelques années, Adianet et moi rêvâmes de devenir réalisateurs de cinéma. Nous voulions faire des bandes dessinées. Nous entamâmes donc le premier film, une adaptation d'un conte de Onelio Jorge Cardoso, l'écrivain cubain.
Voici la première image. La femme du paysan Juan Jaragán était enceinte et elle voulait manger beaucoup de maïs.
Hier j'ai retrouvé ce dessin et quelques autres. Il y a eu aussi un autre film: Los gusarapos verdes (Les têtards verts). Peu importe qu'ils ne fussent jamais finis. Le souvenir de cette illusion lointaine nous a rendu heureux.
La douce nostalgie, certaine complicité née du temps vécu ensemble, le plaisir inépuisable… enfin, le
bonheur.
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A los enamorados les basta con soñar, a veces, para ser felices.
Un día, hace algunos años, Adianet y yo nos dijimos: vamos a ser cineastas. Queríamos hacer películas animadas para niños. Comenzamos entonces el primer filme, una adaptación de un cuento de Onelio Jorge Cardoso, el escritor cubano.
Este es el primer cuadro. La mujer del campesino Juan Haragán estaba embarazada y tenía el antojo de comer maíz, mucho maíz.
Ayer volví a encontrar este dibujo y algunos otros. Hubo también otra película: Los gusarapos verdes. Poco importa si jamás las terminamos. El recuerdo de aquella ilusión nos ha hecho felices nuevamente.
La dulce nostalgia, cierta complicidad nacida en este tiempo juntos, el perdurable placer… en fin, la felicidad.
Mon ami William prit cette photo lors du premier voyage de Juan en Angleterre. Puis Juan y retourna plusieurs fois. Un jour il décida de rester à Londres.
Aujourd'hui Juan se plaint de l'apathie de ses étudiants anglais. La plupart d'entre eux ne s'intéressent pas du tout au cours de journalisme. Je ne peux pas les comprendre. Cependant, je pense que c'est une maladie universelle. La nonchalance est à la mode partout. Penser, c'est de plus en plus rare.
Quand Juan entrait en classe, à notre fac havanaise, même les nuages s'arrêtaient pour l'écouter pendant une heure et demie. J'exagère… mais c'est normal lorsqu'on connaît quelqu'un d'exceptionnel.
Il lançait des craies contre le tableau avec une exactitude étonnante. Il inventait un langage que nous n'avions jamais entendu, et nous demeurions assis, ravis, en extase.
C'est Juan qui nous fit découvrir Mai 68 à Paris, la poésie de Villena, le journalisme de Pablo, les fécondes extravagances de nouveaux journalistes américains… C'est lui qui nous encouragea à embarquer sur un bateau et traverser l'horizon, toujours tout près de notre île.
Maintenant il m'envoie des photos depuis la Tunisie, la Grèce, la Croatie… Il n'écrit guère, quoiqu'il il dise: "je ne t'oublierai jamais." C' est devenu un homme costaud, la peau toute blanche et la tête chauve, ressemblant à un joueur de foot croate.
Je ne sais pas s'il retournera un jour à Cuba.
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La flor de Julieta. Esa frase nos escribió Juan en la pizarra, el primer día de clases, cuando aún éramos unos principiantes. Juan hablaba durante 45 minutos sin detenerse, y nosotros, en silencio, lo dejábamos hacer, fascinados y enamoradas. Juan lanzaba parábolas tiza con lezamiana exactitud, y luego nos divertíamos con Charly, que lo imitaba a carcajadas.
Juan nos entregó Salvaje corazón, un manifiesto para nuestra avidez juvenil, y pobló el Alma con sus artículos. También se hizo Bezhukov para La Página, el mejor periódico del mundo, solo por su aliento y su firma.
A ningún profesor en la Facultad quise tanto como a Juan. Con él podía conversar durante cuatro horas y regresar luego a mi cuarto de suburbio, como quien ha visto la luz.
Juan le dio sentido, al fin, a aquella frase que otro profesor censuró: "las sopa de carajuelo es buena para la pinga", estallido del círculo de la fatalidad en la voz de un hombre de mar, héroe solitario frente al sinsentido y la miseria cotidiana.
Juan militó en la cofradía de quienes escriben apasionadamente versos de amor, imaginan la filosofía de la justicia mundial, no traicionan aunque sean torturados, dicen no a las proposiciones indignas, no se venden, y protagonizan una minúscula revolución diaria contra la mediocridad, la cobardía y la estupidez.
PS: Publicado originalmente en la revista Alma Mater, No 457, Noviembre de 2007.
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La belle époque/ Nuestros años felices
Nous étions tous minces et naïfs. Vous connaissez déjà la phrase. C’est quelque chose que j’ai écrit en “Été”.
Voici une photo de cette époque là, prise exactement le dernier jour du lycée, en 1997. Nous pleurâmes ce soir, pourtant nous ne savions pas encore comment le monde allait changer dans les prochaines années. Quand on a vécu dans le paradis pendant quelque temps on n’arrive jamais à se rendre compte que tous les paradis ne sont que des mirages, plus ou moins éphémères.
Trois ans de joie. Le lycée où nous avions étudié –connu comme « La Lenin »- nous avait plutôt gardé du réel. Bienheureux nous, qui passâmes tout ce temps dans une espèce d’urne en verre, tandis que le pays essayait de ne pas mourir de faim.
Le denier cours nous étions trois amis : Rodney, David et moi. Ils jouaient de la guitare. David chantait dans un groupe de pop & rock. Rodney composait des chansons que personne ne comprenait (sauf nous-mêmes). Moi, j’écrivais des poèmes. Eux aussi.
Au début nous étions tous seuls, puis David et moi trouvâmes des copines. Je me souviens encore du mois de septembre, quand nous nous baladions par les grands corridors de l'école ou dans les champs sportifs, sous la pluie, en chantant n’importe quoi. C’était le bonheur.
Nous faisions l’amour dans n’importe quel coin sombre. Nous ne nous sentions jamais fatigués: jeunes ravis, débordés de vie. Le repas, les études, les examens, les professeurs méchants… rien ne nous faisait perdre le rire. Je n’ai jamais vécu de nouveau des journées si intenses.
Dix mois. Puis, des courtes vacances et, hélas, l’armée. Nous sautâmes du paradis à l’enfer, de la liberté absolue à la caserne.
Dans cette photo, nous étions encore les jeunes le plus heureux de la planète.
PS: De gauche à droite Addis, moi, Rodney (son frère assis), Ricardo, David et Glenda.
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Éramos tres. Nos gustaban las canciones de Fito Páez y Carlos Varela, la poesía, las mujeres… Escribíamos versos con el mismo fervor con que cada noche hacíamos el amor con nuestras novias,
eternas, las que durarían para toda la vida. La felicidad era entonces una certeza cotidiana. El futuro, una minúscula nube en el horizonte, una nadería que no nos haría bajar las velas y
pensar.
David no estudiaba jamás, pero salía bien en los exámenes. Siempre estaba ocupado en los ensayos del grupo, guitarra en cuerpo y alma. Flaco y despeinado, con sus tostadas mohosas y el saco de maní tostado por toda provisión. Nos pedía el azúcar, el refresco, el vaso, la cuchara, la sábana… Éramos generosos. Hermanos.
Rodney tampoco dejaba a guitarra. Componía canciones irreverentes que nadie entendía, salvo nosotros mismos. Cantábamos a toda voz en las mañanas de limpieza en el albergue C6. Sus versos tenían algo de Vallejo.
Yo desvariaba con un viaje a Estocolmo. Le decía a Addis, mi novia: "Cuando yo sea Premio Nobel de Literatura…" No me cegaría entonces la gloria: todo el dinero sería para restaurar La Habana. Mi ciudad, si algún día despierta del sopor y la ruina, retará en belleza a París, a Roma.
Recuerdo el último día en la escuela, antes de las pruebas de ingreso. Los años menores nos prepararon un concierto, el último. Recuerdo un abrazo sudoroso a David, el angustioso presentimiento de que vivíamos, más que el fin de curso, los últimos minutos de un época.
Luego, ya en uno de los destartalados ómnibus de la escuela, yo la veía alejarse, a 40 kilómetros por hora, a la velocidad de lágrimas que no dejé salir, de tres años demasiado cortos, de la angustia porque no volvería a vestirme con el uniforme azul, no haría el amor otra vez detrás del teatro, no me acostaría de nuevo en los frescos pasillos relucientes, no, nunca más.
PS: De izquierda a derecha Addis, yo, Rodney (su hermano sentado), Ricardo, David y Glenda.
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