La belle époque II / Nuestros años felices II

Publié le par Boris Leonardo


    La chimie nous réunit il y a presque 15 années, dans un lycée renommé de la banlieue havanaise: «Le Lénine». Nous songeâmes à devenir de grands chercheurs. Nous allions découvrir le vaccin qui sauverait l'humanité. Nous étions fort optimistes et un peu naïfs.   

Je me souviens des discussions infinies sur l'existence du Vide, toute la nuit, jusqu'à n'importe quelle heure. On parlait moins de politique: les illusions restaient encore indemnes.

Le mercredi, c'était le black-out et nous, les garçons, suivions le cours de danse (casino) dans le dortoir avec des amis. Qui ne sait pas danser dans un lycée cubain meurt d'ennui (et ne trouve pas de copine).

Nous chargions de l'eau chaque soir pour nous baigner, puis nous avalions n'importe quoi en guise de dîner (parfois, vraiment, n'importe quoi) et rentrions en classe pour étudier comme des fous.

Nous faisions les devoirs et l'amour, nous réussissions les examens et tombions amoureux. Parfois maigres, toujours heureux.

Dimanche dernier, nous nous retrouvâmes chez Semidey. Nous avions trop de choses à nous dire et trop peu de temps. Nous sautâmes d'un sujet à l'autre: les souvenirs, les vieilles blagues, le présent, l'avenir…

Le temps passe, les rêves changent ou meurent, les chemins s'éloignent, le silence nous rend distants. Néanmoins, quand quelqu'un dit: «Le Lénine», les paroles reviennent, l'angoisse disparaît, le bonheur ne semble plus illusoire, la chimie revit.  

 
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 La química nos unió hace casi 15 años, en un preuniversitario célebre de las afueras de La Habana: "La Lenin". Soñábamos con convertirnos en grandes investigadores. Descubriríamos la vacuna que salvaría a la humanidad. Éramos muy optimistas y un poco inocentes.

Recuerdo discusiones interminables sobre la existencia del Vacío, toda la madrugada, no importaba la hora. Hablábamos menos de política: las ilusiones aún permanecían intactas.

El miércoles era el apagón y los varones aprovechábamos para aprender a bailar casino en el albergue, con los amigos. No saber bailar en un preuniversitario cubano es condenarse al aburrimiento y reducir casi a cero las posibilidades de encontrar novia.

Cargábamos agua cada tarde para bañarnos, después comíamos cualquier cosa (a veces, literalmente, cualquier cosa) y regresábamos a las aulas para estudiar como locos.

Hacíamos las tareas y el amor, aprobábamos los exámenes y nos enamorábamos. A veces escuálidos, siempre felices.

El domingo pasado nos reencontramos en la nueva casa de Semidey. Teníamos demasiadas cosas por decir y muy poco tiempo. Saltamos de un tema al otro: los recuerdos, las viejas bromas, el presente, el futuro…

   El tiempo pasa, los sueños cambian o mueren, los caminos nos alejan, el silencio nos distancia. Sin embargo, cuando alguien dice: "La Lenin", las palabras vuelven, la angustia desaparece, la felicidad deja de ser ilusoria, la química renace.

 

La belle époque I / Nuestros años felices I

 

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Virginia 08/08/2008 11:39

Est-ce que c'est toi , le 8ème en partant de la gauche au dernier rang ( arrière-plan) ?

Boris Leonardo 09/08/2008 03:35


Non, c'est mon ancienne classe du lycée, ceux qui ont étudié surtout de la chimie.