Juan

Publié le par Boris Leonardo



Mon ami William prit cette photo lors du premier voyage de Juan en Angleterre. Puis Juan y retourna plusieurs fois. Un jour il décida de rester à Londres.

Aujourd'hui Juan se plaint de l'apathie de ses étudiants anglais. La plupart d'entre eux ne s'intéressent pas du tout au cours de journalisme. Je ne peux pas les comprendre. Cependant, je pense que c'est une maladie universelle. La nonchalance est à la mode partout. Penser, c'est de plus en plus rare.

Quand Juan entrait en classe, à notre fac havanaise, même les nuages s'arrêtaient pour l'écouter pendant une heure et demie. J'exagère… mais c'est normal lorsqu'on connaît quelqu'un d'exceptionnel.

Il lançait des craies contre le tableau avec une exactitude étonnante. Il inventait un langage que nous n'avions jamais entendu, et nous demeurions assis, ravis, en extase. 

C'est Juan qui nous fit découvrir Mai 68 à Paris, la poésie de Villena, le journalisme de Pablo, les fécondes extravagances de nouveaux journalistes américains… C'est lui qui nous encouragea à embarquer sur un bateau et traverser l'horizon, toujours tout près de notre île.

Maintenant il m'envoie des photos depuis la Tunisie, la Grèce, la Croatie… Il n'écrit guère, quoiqu'il il dise: "je ne t'oublierai jamais." C' est devenu un homme costaud, la peau toute blanche et la tête chauve, ressemblant à un joueur de foot croate.

Je ne sais pas s'il retournera un jour à Cuba.

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    La flor de Julieta. Esa frase nos escribió Juan en la pizarra, el primer día de clases, cuando aún éramos unos principiantes. Juan hablaba durante 45 minutos sin detenerse, y nosotros, en silencio, lo dejábamos hacer, fascinados y enamoradas. Juan lanzaba parábolas tiza con lezamiana exactitud, y luego nos divertíamos con Charly, que lo imitaba a carcajadas.

Juan nos entregó Salvaje corazón, un manifiesto para nuestra avidez juvenil, y pobló el Alma con sus artículos. También se hizo Bezhukov para La Página, el mejor periódico del mundo, solo por su aliento y su firma.

A ningún profesor en la Facultad quise tanto como a Juan. Con él podía conversar durante cuatro horas y regresar luego a mi cuarto de suburbio, como quien ha visto la luz.

Juan le dio sentido, al fin, a aquella frase que otro profesor censuró: "las sopa de carajuelo es buena para la pinga", estallido del círculo de la fatalidad en la voz de un hombre de mar, héroe solitario frente al sinsentido y la miseria cotidiana.

Juan militó en la cofradía de quienes escriben apasionadamente versos de amor, imaginan la filosofía de la justicia mundial, no traicionan aunque sean torturados, dicen no a las proposiciones indignas, no se venden, y protagonizan una minúscula revolución diaria contra la mediocridad, la cobardía y la estupidez.

 

PS: Publicado originalmente en la revista Alma Mater, No 457, Noviembre de 2007.


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Fran�oise 04/07/2008 10:47

j'aime beaucoup  l' article en français  , mais mon espagnol n'est pas suffisamment bon  pour que je goûte tout le sel de l'autre .. je vais demander de l'aide ...au fait , tes photos " El Nicho " sont sensationnelles !  amicalement F

Boris Leonardo 04/07/2008 12:34


Françoise, merci de ta visite et ton com. L'espagnol est une belle langue, aussi que le français. L'apprendre, donc, sera une grande aventure.


Virginia 03/07/2008 23:30

Comment traduirais-tu la phrase censurée par l'autre prof ?Tu sais que la "Belle Epoque" est le nom donné à la fin du 19ème siècle ( jusqu'à la 1ère Guerre Mondiale) !