Mercredi 2 juillet 2008


Nous étions tous minces et naïfs. Vous connaissez déjà la phrase. C’est quelque chose que j’ai écrit en “Été”.

Voici une photo de cette époque là, prise exactement le dernier jour du lycée, en 1997. Nous pleurâmes ce soir, pourtant nous ne savions pas encore comment le monde allait changer dans les prochaines années. Quand on a vécu dans le paradis pendant quelque temps on n’arrive jamais à se rendre compte que tous les paradis ne sont que des mirages, plus ou moins éphémères.

Trois ans de joie. Le lycée où nous avions étudié –connu comme « La Lenin »- nous avait plutôt gardé du réel. Bienheureux nous, qui passâmes tout ce temps dans une espèce d’urne en verre, tandis que le pays essayait de ne pas mourir de faim.

Le denier cours nous étions trois amis : Rodney, David et moi. Ils jouaient de la guitare. David chantait dans un groupe de pop & rock. Rodney composait des chansons que personne ne comprenait (sauf nous-mêmes). Moi, j’écrivais des poèmes. Eux aussi.

Au début nous étions tous seuls, puis David et moi trouvâmes des copines. Je me souviens encore du mois de septembre, quand nous nous baladions par les grands corridors de l'école ou dans les champs sportifs, sous la pluie, en chantant n’importe quoi. C’était le bonheur.

Nous faisions l’amour dans n’importe quel coin sombre. Nous ne nous sentions jamais fatigués: jeunes ravis, débordés de vie. Le repas, les études, les examens, les professeurs méchants… rien ne nous faisait perdre le rire. Je n’ai jamais vécu de nouveau des journées si intenses.

Dix mois. Puis, des courtes vacances et, hélas, l’armée. Nous sautâmes du paradis à l’enfer, de la liberté absolue à la caserne.

Dans cette photo, nous étions encore les jeunes le plus heureux de la planète.


PS: De gauche à droite Addis, moi, Rodney (son frère assis), Ricardo, David et Glenda.

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Éramos tres. Nos gustaban las canciones de Fito Páez y Carlos Varela, la poesía, las mujeres… Escribíamos versos con el mismo fervor con que cada noche hacíamos el amor con nuestras novias, eternas, las que durarían para toda la vida. La felicidad era entonces una certeza cotidiana. El futuro, una minúscula nube en el horizonte, una nadería que no nos haría bajar las velas y pensar.

David no estudiaba jamás, pero salía bien en los exámenes. Siempre estaba ocupado en los ensayos del grupo, guitarra en cuerpo y alma. Flaco y despeinado, con sus tostadas mohosas y el saco de maní tostado por toda provisión. Nos pedía el azúcar, el refresco, el vaso, la cuchara, la sábana… Éramos generosos. Hermanos.

Rodney tampoco dejaba a guitarra. Componía canciones irreverentes que nadie entendía, salvo nosotros mismos. Cantábamos a toda voz en las mañanas de limpieza en el albergue C6. Sus versos tenían algo de Vallejo.

Yo desvariaba con un viaje a Estocolmo. Le decía a Addis, mi novia: "Cuando yo sea Premio Nobel de Literatura…" No me cegaría entonces la gloria: todo el dinero sería para restaurar La Habana. Mi ciudad, si algún día despierta del sopor y la ruina, retará en belleza a París, a Roma.

Recuerdo el último día en la escuela, antes de las pruebas de ingreso. Los años menores nos prepararon un concierto, el último. Recuerdo un abrazo sudoroso a David, el angustioso presentimiento de que vivíamos, más que el fin de curso, los últimos minutos de un época.

Luego, ya en uno de los destartalados ómnibus de la escuela, yo la veía alejarse, a 40 kilómetros por hora, a la velocidad de lágrimas que no dejé salir, de tres años demasiado cortos, de la angustia porque no volvería a vestirme con el uniforme azul, no haría el amor otra vez detrás del teatro, no me acostaría de nuevo en los frescos pasillos relucientes, no, nunca más.

 

PS: De izquierda a derecha Addis, yo, Rodney (su hermano sentado), Ricardo, David y Glenda.


par Boris Leonardo publié dans : Archive communauté : KALEIDOSCOPE DES BLOGS
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Lundi 30 juin 2008


¿Estío o verano? Según el Breve Diccionario de la Lengua Castella de Joan Corominas, en la edición española de Gredos de 1967: "Hasta el siglo de Oro se distinguió entre verano, que entonces designaba el fin de la primavera y principio del verano; estío aplicado al resto al resto de esa estación, y primavera, que significaba solamente comienzo de la estación conocida ahora con este nombre."

Aunque en la escuela nos repitan mil veces que en Cuba sólo existen dos estaciones, yo diría que el año está claramente dividido en cuatro períodos, si no marcados por variables climáticas, sí por los vaivenes en el humor (¿en las energías?).

El año comienza, sin dudas, en septiembre, con el curso escolar. Es lo que en otras latitudes llaman "la rentrée", que es más bien un debut. Pero el noveno mes del año nace herido. Cálido aún, lluvioso en las tardes que estremecen las nubes con relámpagos y truenos (gatos y perros se pelean, según la conocida frase en inglés).

Septiembre, noviembre y octubre vuelan hacia diciembre, el momento de las fiestas. Son una pausa entre las vacaciones de verano y las celebraciones navideñas y de fin de año.

El 2 de enero volvemos a la realidad. Después de la resaca nos espera el lento fin del inviernillo, tímido en nuestro trópico, y la primavera. Claro, en esta isla abril no es el "mes de las flores", porque estas se exhiben con descaro cuando se les antoja, sea en marzo, junio o en el octubre otoñal. La naturaleza cubana contribuye al cliché de que somos un país caótico, poco dado a órdenes prusianos.

Quizás, desde finales de marzo hasta mediados de junio se respira mejor. Seguramente, de consultar las estadísticas económicas, descubriríamos cuánto asciende la productividad en esas jornadas. La temperatura es perfecta, la luz no hiere los ojos, las fiestas son un recuerdo, o un deseo, demasiado remotos como para trastornar nuestro espíritu.

Pero alrededor del día 20 de junio el verano invade, arrasa con la calma, nos obliga a pensar pensar y pensar en la playa, el hotel, la piscina, el campismo…  ¡LAS VACACIONES!

En pleno estío maldecimos el bochorno, la humedad pegajosa, la nieve que no caerá. Y si algún inoportuno ciclón pasare (¡vade retro!), es la cima de los infortunios.

Bueno, y a esta altura alguien se pregunta: ¿y cuál es el vínculo entre esta "disertación" y el retrato de una ducha? Este… es que me he dado una ducha esta mañana. No hay nada mejor para espantar los calores del domingo y escribir, se los aseguro. 

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Dans deux ans j'aurai 30. Je serai alors, selon quelques poètes, dans l'été de ma vie.

Tandis que j'arrive à cet âge --ayant pour moi tant de signification-- la saison estivale est surtout le début de la canicule. Pendant les mois de juillet et août c'est un vrai supplice de se promener à La Havane, ou n'importe où dans cette île flattée par Christophe Colombe pour sa beauté (il y est arrivé la première fois en automne…)

L'écrivain cubain Abilio Estévez a dit qu'ici la lumière est si intense, qu'il est tout à fait impossible de remarquer quelque chose quand on se balade, notamment à midi.  

Quand j'étais au lycée, je prenais deux ou trois douches tous le jours. Euh… à vrai dire, je prenais une tine et me baignais d'un seul coup ! La scène n'était que la salle de séjour de mon dortoir. Nous étions tous minces et naïfs dans cette époque là. Les derniers temps, moi, j'ai grossi un petit peu…

À mon avis l'été est plutôt un état d'âme. On n'est pas le même sous le ciel gris et frais de notre petit hiver tropical que quand on est trempé de sueur, étouffé par la chaleur… En plus, il y a les repas qui ne changent pas en été et quand on finit de manger, on est fondu sur la chaise comme une flaque humaine.

D'ailleurs, la bureaucratie est plus bureaucrate en été, les fonctionnaires ne fonctionnent, les démarches ne marchent plus. Tout le monde est en vacances.

Cependant, on ne meurt pas. On regarde (je regarde maintenant) le ventilateur qui s'arrête pour la énième fois (ça va me tuer !)… mais on ne meurt pas.

Qu'il fait froid aujourd'hui !!! N'est-ce pas ?

 PS: J'avais oublié les orages. On dirait que dans le ciel on célèbre aussi la victoire de l'équipe espagnole de football. Bravo !

par Boris Leonardo publié dans : Clic communauté : LE COIN DES CLIC-MANIAQUES
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Dimanche 29 juin 2008

 
Quelques nouveaux amis m'ont demandé de mettre des articles en français sur mon blog. Ils y sont venus, ont vu les photos mais ils n'ont pas pu lire les textes. Même si je soupçonnais que la plupart des visiteurs seraient des francophones, je comptais sur le langage universel de l'image pour me faire comprendre. J'avais un peu tort. Ils ont aimé les photos, pourtant ils voulaient aussi lire ce que j'écris. Je dois leur remercier pour leurs conseils.

Dès maintenant je vais essayer de mettre de textes aussi en français (pas de traductions des textes en espagnol). Je fais encore plusieurs fautes… J'espère que mes visiteurs francophones seront gentils et m'aideront à faire les corrigés.

Voici donc le premier texte.

Ces sont mes amis "les gaulois", une famille marseillaise que j'ai connue il y a deux ans. Ils sont venus à Cuba deux fois. Dans cette photo nous nous apprêtions à déjeuner chez moi. Nous avons parlé et mangé pendant trois ou quatre heures. C'est la coutume chez eux.

Pourquoi cette photo pour entamer le fil Francophonie de mon blog ? Tout d'abord je dois parler de Jean Marie-Borzeix, un passionné de la francophonie que j'ai rencontré il y a un an à La Havane, lors de célébrations pour la semaine de la Francophonie.

Il a écrit un livre magnifique: Les carnets d'un francophone. D'après lui, la francophonie c'est plutôt une disposition d'esprit, une utopie construite par des valeurs et des idées partagées autour d'une langue commune: le français.

Pendant la soirée avec mes amis marseillais, nous parlâmes en espagnol, en anglais (surtout mon père) et notamment en français. Nous abordâmes tas de sujets. J'éprouvai le sentiment d'être une grande famille.

Je me demande si ce sentiment dévoile ce que Jean-Marie Borzeix appelle, avec fierté, francophonie. Qu'en pensez-vous ?

 
De gauche à droite: Étienne, moi, Adianet, ma mère, mon père, Nicolle, Axelle et Lexane. 

 

PS para mis lectores hispanoparlantes: Este artículo es el inicio de una nueva categoría: Francofonía. En lo sucesivo publicaré con frecuencia textos en francés junto a los habituales en español. No serán traducciones. Les agradezco nuevamente el aliento, las visitas y los comentarios.

 

par Boris Leonardo publié dans : Francophonie communauté : KALEIDOSCOPE DES BLOGS
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Samedi 28 juin 2008


Extrañas criaturas, sobre la maleza. De acero sus vértebras, al cielo erguidas. Y de cobre o aluminio las arterias que alimentan sus órganos férvidos.

Voraces torres, avanzada futurista en la campiña cubana, donde los campesinos andan aún en carretas a caballo y usan bueyes para surcar la tierra.

Como una pintoresca invasión marciana, estos artefactos de tuberías, angulares, remaches, tornillos, soldadura... exhiben su compleja anatomía industrial.

Al árbol sencillo no impresionan, ni a la nube, que ha visto el ascenso y la caída de otras torres, desde aquella que mereció el castigo de Dios.

 

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par Boris Leonardo publié dans : Variaciones/ Variations communauté : photos : site web photographe
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Vendredi 27 juin 2008


¿Qué destino era el de este barco? ¿Dónde el puerto de su feliz arribo?

¿Y sus legendarios marineros, que creyeron ser portadores de la luz? ¿Huidos acaso? ¿Hechos madera y hierro de solemnidad estéril?

Varado entre el recuerdo azulino de la montaña, y la mar: la circunstancia maldita por todas partes. A estribor, el azar de las aguas lo escora. La ribera --espejismo cercano--, más que una promesa es una angustia, la memoria del fracaso, del sueño que ahora la sal corroe.

 

Más Variaciones:

Rojo/ Rouge

Era nuclear

Derrumbe

Olas

Gato arcoiris


par Boris Leonardo publié dans : Variaciones/ Variations communauté : Photographies
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  • : Boris Leonardo
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  • : Homme
  • : 06/10/1979
  • : Cuba
  • : Periodista, cubano, habanero, industrialista. Journaliste cubain, havanais.

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